S'ENVOLE LA MORT

Vidéo-poème musical
Matsylie Productions (Hervé Alexandre)

Film Isabelle Françaix
Musique Hughes Maréchal

CRÉATION le 18 mai 2022 à 17h00 à la Cinémathèque Royale de Belgique

Entrée gratuite / Merci de réserver auprès de isabellefrancaix@ramifications.be 

 

 
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À l’extrême pointe de la Presqu’île de Crozon, dans le Finistère breton, se dresse le jardin de statues chimériques de Jacques Boënnec. Ce marin échoué y a sculpté un labyrinthe de désir et d’angoisse qui interroge nos vies. S’envole la mort, poétique et musical, fissure mystérieusement la réalité.

 

 

Mi documentaire, mi fiction, S'ENVOLE LA MORT saisit à travers le jardin de sculptures fantasmagoriques de Jacques Boënnec, l'histoire à la fois vécue et fabulée d'un marin sculpteur, insoumis, torturé, en quête d'un accomplissement personnel. "Que les rêves prolifèrent dans la sidérante faillite de la réalité !", réclame-t-il dans son journal de bord. Contre les dogmes et les idées reçues, la création maîtrisée d’un mensonge est, pour lui, en soi une vérité. Plutôt que de fuir le réel, le rêve du sculpteur breton en modèle les douloureuses blessures et les transforme en légendes silencieuses. 

Ses statues se tordent en expressions muettes. Le vent, la pluie, les oiseaux et la mer accompagnent leur silence tendu et bruissant de mystère. Pulsions, pulsations, visions, envols, saisies soudaines… notre film est fait de la matière d’une idée de rencontre entre les corps et les sons, la géométrie d’un espace et les battements du temps, la mémoire et l’imagination, à travers une sensorialité primitive et organique qui précède le langage.

Errance poétique et fable musicale, S'ENVOLE LA MORT épouse librement son sujet et se découvre comme un rêve. Le rêve de Jacques, avec ses secrets et ses éclats de conscience… vers nos rêves en écho, en point de fuite et de reconnaissance, fissurant la réalité.

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Peu de temps avant d’être emporté par la maladie, Jacques Boënnec me répétait avec insistance : « Je suis un poète, c’est ça qui importe. Mon jardin disparaîtra, mais je suis un poète. J’aimerais qu’on le comprenne dans ton film. »


Pour chacun de ses voyages à Casamance, Las Palmas, Marie Galante, Funchal, Faro… il a tenu un journal de bord. Mais il écrivait aussi, chez lui, dans un grand carnet, l’histoire de ses voyages de terre et de mer : La vie est belle de l’effroi qu’elle nous porte, récit soigneusement calligraphié et illustré de croquis.

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"Passageiros do vento… Passagers du vent… Poussés par le tumulte, nous aurons tracé quelques courbes qui se recoupèrent sur la planète des tentatives. La vie ne s’est nourrie que de ces rencontres que rien ne ternit (…)" J. Boënnec